Site : La Halle B de La Condition Publique EPCC, Roubaix

Date : juillet-novembre 2010

Commanditaire : la Condition Publique EPCC

Action :  conception, construction et animation d’une ferme agri-culturelle autour de la production de champignons.

Partenaires : Annie Leuridan, éclairage, Baptiste Furic, architecte-constructeur.

 

Après avoir été un lieu de stockage de la laine et de la soie, la Condition Publique s’invente des destins de fiction et se transforme le temps de quelques mois en ferme urbaine!
En collaboration avec la Condition Publique, Les Saprophytes transforment la halle B en Unité de Production Fongique du Pile, une champignonnière produisant pleurotes et champignons de Paris. Cette fiction s’enracine dans la réalité économique régionale puisqu’à 20km de Roubaix, à Comines, se situe la Ferme de la Gontière, premier producteur français de champignons de Paris.

Entre rêve et réalité, la ferme agri-culturelle de la Condition Publique est un espace hybride entre production de champignons sous tunnels, lieu de production artistique, d’exposition, de jeu, de concerts et de promenades contées, et lieu de rencontre et d’échange autour de la cuisine, du goût.
Envahissant la ville, les champignons deviennent la nouvelle coqueluche des roubaisiens qui viennent découvrir de nouvelles saveurs locales dans la cuisine de la ferme ou chercher leur barquette de pleurotes échangées grâce au Système d’Échange Local (SEL).
L’espace de la halle B accueille une grande serre climatisée où poussent les champignons, sur les murs, le sol, le plafond et où poussent les rêves! le son, l’image, les contes se mêlent à l’agriculture pour nous plonger dans un univers décalé, entre le réel et l’imaginaire.
Après un parcours dans la serre, l’espace s’ouvre sur une grande clairière où des champignons géants sont venus s’accrocher aux grand pilliers de la halle. C’est là le lieu de l’échange et des expérimentations gustatives autour de la cuisine publique construite sous un dôme, architecture champignon.

Le chantier- 2 mois

Pendant 2 mois, Les Saprophytes ont investis la Halle B pour y installer une champignonnière, qui a produit sur 1,5 mois d’exploitation près de une tonne de champignons de Paris et de pleurotes.

Pendant le temps de chantier, le collectif a mis en œuvre un « échantillon » de champignonnière permettant d’animer le temps du chantier autour d’une production de pleurotes donnant le goût du champignon au quartier. Ces premiers champignons furent l’occasion d’un partage avec les habitants, annonçant l’ouverture prochaine de la champignonnière, et le prétexte à différents ateliers avec les structures locales.

Plan du projet

L’installation se décline autour d’un long tunnel, produisant champignons de Paris à l’horizontale, face aux pleurotes, à la verticale. Ce tunnel est ponctué d’installations artistiques visuelles et sonores, mêlées aux champignons.

En sortant du tunnel, la clairière, vaste espace dédié aux spectacles, et revélant « la champignerie » sous un dôme géodésique. Ce lieu est un espace hybride entre cuisine, lieu de rencontre et d’échange des champignons.

Dans cette unité de production, le champignon s’échange. Il s’échange contre un savoir-faire, contre un temps de discussion, un temps de convivialité, le tout restitué dans « le grand registre des savoir-faire ». Une manière de questionner une forme d’économie locale non-marchande, génératrice de lien social, et révélant des véritables talents!

Une installation vivante

Pendant 1,5 mois, les Saprophytes ont animé la champignonnière, récoltant les champignons au quotidien pour les échanger, et/ou les cuisiner. Ils sont devenus agriculteurs urbains le temps de cette installation, confortant leur amour du champignon!
1 tonne de champignons a été récoltée, échangée. Consciencieusement pesés, emballés, autour d’une rencontre, chaque champignon est devenu une œuvre en soi, une œuvre issue d’un art relationnel, et animée par le concept développé par Les Saprophytes autour de « la ville productive ».
Sans oublier la distribution des champignons au marché du Pile, chaque semaine, permettant d’une part de parler de la démarche plus largement, mais aussi de vivre le quartier avec cette production alimentaire, en sortant des murs de La Condition Publique, pour essaimer la démarche, diffuser le champignon, faire grandir le rhizome.