Site : Clermont-Ferrand

Date : septembre 2017- octobre 2018

Commanditaire : Ville de Clermont-Ferrand/ Effervescences

Action :  Portrait sensible de Clermont-Ferrand à travers la cartographie, et la construction de 8 tables dans 8 quartiers de la ville.

Partenaires : Formes Vives, le Collectif L’Arfi, la Compagnie Les guêpes Rouges

Merci à Florian Brille pour les photos Argentique du chantier ambulant.

8 quartiers, 8 paysages, 8 caractéristiques ou atouts de la ville de Clermont à mettre en scène à travers 8 tables, 8 installations sur l’espace public invitant à la rencontre.
Et voilà qu’un réseau se tisse grâce à ces 8 installations. Elles balisent un circuit de promenade urbaine, elles dessinent le territoire, et soulignent des liens inter quartiers, des connexions possibles.
Le projet se situe donc sur 2 niveaux :
-Révéler des lieux, des paysages, des quartiers, grâce à des installations revendiquant un ancrage local et une intégration au paysage à chaque fois renouvelée
-Montrer la complexité et la richesse de Clermont-Ferrand à travers la multiplication d’installations (richesse historique, géographique, humaine, histoire industrielle, passé
médiéval, géologique etc.), construisant un même territoire aux multiples facettes.

Chaque installation sera une réponse au contexte, au paysage dans lequel elle s’installe.
Et renverra au réseau auquel elle participe.
Une invitation à l’appropriation libre, à travers son usage commun de « table », mais aussi une invitation à redécouvrir son paysage
quotidien, à « décaller son regard », et à découvrir d’autres sites, à aller à la rencontre du quartier voisin.
Les différentes tables seront le support d’une partie du récit, un morceau du puzzle qui définit Clermont-Ferrand. Nous laissant imaginer que l’assemblage des 8 installations seraient la résolution de l’énigme : mais qui est vraiment Clermont ?!

Un parcours à la rencontre du territoire, qui raconte sa pluralité, sa complexité, accompagner d’une carte subjective de la ville, issu des dizaines de rencontres et des dizaines de kilomètres parcourus…

Premières rencontres avec la ville, à travers ses habitants

Nous sommes arrivés à Clermont le matin même de cet évenement culturel d’envergure, lançant la saison d’Effervescences, organisme affilié à la Ville qui a comme objectif de préparer la candidature de Clermont-Ferrand à la capitale européènne de la culture pour 2020.
Notre proposition : une carto-café.
Être à l’écoute des centaines de visiteurs venus découvrir une dernière fois le site de l’Hôtel-Dieu, avant fermeture pour travaux et changement d’affection.
Les écouter nous parler de leur ville, son histoire, ses paysages, ses anecdotes.
À l’aide de carte à différentes échelles, de post-it, de haricots, de gomettes, nous avons récolté des dizaines de recits, imaginé les paysages.
Nous ne connaissions rien de la ville, à part sa gare. Aucun à priori, aucun souvenirs.
L’objectif : se faire une image de la ville à travers le récit de ses habitants.

Lors de ce week-end, la ville nous a été décrite.
Avec enthousiame, fierté, poésie. Une ville atypique, spéciale, attachante.
L’Histoire est riche, elle mêle l’histoire très ancienne, la géographie, la géologie,l’industrie, l’art, les habitats ouvriers, un urbanisme spécial, les universités, les
jeunes…
Il y a la plus longue rue, la plus pentu (30%!), la pluviométrie la plus basse, et puis la ville est construire sur un volcan, et en même temps sur un marais, le puy de dôme
est à 4 heures de marche, c’est un archipel vert, y a des points de vue remarquables partout, une super équipe de rugby, un bonhomme Michelin complètement emblématique
qui a participé à la fabrication de la ville…
Bref, de quoi fabriquer un portrait décalé, onirique, un « Clermont » qu’on est heureux de connaître, qu’on souhaite désormais parcourir, et inviter à sa table!

Immersion

Plusieurs visites à Clermont-Ferrand, de décembre à mai, nous ont permis de découvrir la ville, à plusieurs saisons.

L’objectif était de découvrir les différents quartiers périphériques, afin de déterminer les différents sites d’implantation des tables. 8 sites, parlant des différentes caractéristiques de la ville. 8 sites complémentaires, faisant echo à nos rencontres du mois d’octobre.

À Chamallière, on regarde la Tiretaine couler, avant qu’elle disparaisse sous Clermont,
dans l’attente d’être découverte.
Aux Ormeaux, on jardine, on profite de cette terre fertile, archipel vert face à l’urbanisation dense.
à St Jacques, on s’adosse à la grande muraille pour contempler l’étendu de la ville, se lovant entre les volcans, s’étirant du sud au nord.
à Fontaine du bac, on touche la vie estudiantine, 30000 étudiants à Clermont, c’est beaucoup !!
à Croix de Neyrat, on s’adosse à ce paysage de volcans et de sapins, l’assise de l’urbanisation, provoquant l’envie de s’évader, les promenades dominicales.
à Montferrand on prend conscience de l’histoire ancienne, le village, « l’avant Michelin », le patrimoine.
etc …

En parallèle de ce travail de repérage, aboutissant à des choix d’implantation pour les tables, nous avons réalisé une carte subjective de la ville, capitalisant nos ressentis, redessinant notre vision de la ville, et offrant une lecture globale de ce territoire.
Ce travail graphique mélant textes et dessins propose un récit du territoire qui guidera les promeneurs d’une
table à l’autre, pour un parcours à éprouver physiquement ou à rêver. Représentation onirique qui invite à partager l’intimité de ce territoire, à une rencontre avec la ville
de Clermont-Ferrand, à la recherche de son identité.

Carte subjective de Clermont-Ferrand, réalisé à partir des dizaines de rencontres et des dizaines de kilomètres parcourus!

Le chantier ambulant

Matérialité
Des objets architecturaux massifs, pesants…réalisés en sections de bois épaisses (bastaing de sapin 4,5 x 14,5 cm) véhicule une image de robustesse mais aussi de générosité.
La table offre une surface commune pour rassembler, partager. Elle renvoit à l’imaginaire du banquet, de la grosse table paysage.
Ces objets se veulent fonctionnels, ergonomiques, pour simplifier l’appropriation des habitants.
Chaque installation offrira une surface pouvant accueillir une vingtaine de personnes soit (soit environ 6m de long, en 1 pièce ou plusieurs selon les espaces et les configurations).

Série
Les 8 tables forment 1 série.
8 éléments de mobiliers identiques, réinterprétés en fonction de chaque site, variations sur le même thème.
L’utilisation des mêmes sections de bois crée une unité, le travail de signalétique apporte des signes de reconnaissance entre les différentes tables.
Les formes se répondent, les tables sont issue d’un même geste.

Mise en oeuvre
C’est autour d’un chantier ambulant que ces 8 tables seront mises en oeuvre. 8 jours, 8 tables, 1 table par jour!
Telle une compagnie de cirque, nous voyageons d’un quartier à l’autre, à la rencontre de leurs habitants, faisant du même objet une expérience à chaque fois renouvelée et unique!

jour 1/ le 6 juin/ Fontaine du Bac

jour 2/ le 7 juin/ Ferme des Ormeaux

jour 3/ le 8 juin/ La Pradelle

jour 4/ le 9 juin/ Croix de Neyrat

jour 5/ le 13 juin/ Les Vergnes

jour 6/ le 14 juin/ Montferrand

jour 7/ le 15 juin/ Saint-Alyre

jour 8/ le 16 juin/ Saint-Jacques

Et en centre-ville, sur la place du marché St Pierre, La table d’orientation
construite le 23 juin

Le Grand Tour!

Le 22 juillet, une randonnée urbaine pour relier physiquement et symboliquement les différentes tables a été organisée.
2 boucles ont été proposées, l’une au nord reliant les quartier des Vergnes, Croix de Neyrat, Montferrand et St-Alyre, et l’autre au sud, partant de Fontaine du Bac, pour passer vers La Pradelle, St Jacques et Les Ormeaux. Ces 2 parcours ont aboutis au même endroit, sur la place du marché St Pierre, proche de la table d’Orientation, pour un apéro final.

Les marcheurs ont été invités à parcourir la ville de tables en tables, faire le lien entre les quartiers, et prendre le temps d’une dégustation locale sur chaque table : la confiture de cerises du cerisier abritant la table de Fontaine du bac, des cakes aux légumes de la ferme des Ormeaux, dégustation d’eaux locales à St Alyre, là où passe la tiretaine, rivière emblématique, dégustation de confiseries à Montferrand etc. Chaque table invite le randonneur à une pause gourmande, une dégustation locale, à un temps de partage sur ces quartiers souvent méconnus.

Guidée par les Saprophytes, mais aussi par le collectif L’Arfi , collectif de musiciens implantés sur Lyon et expérimentant une musique Jazz mélangeant les univers. 8  musiciens nous ont suivis, parfois embusqués,  par 2, 3 ou ensemble, sur le parcours, révélant des lieux insolites, ou permettant de rendre la marche visible, dynamique, culturelle.

Au total, plus de 30 kilomètres ont été parcourus. Une expérience qui au delà de la découverte des différentes installations, a permis à un groupe de clermontois d’échanger sur leur ville, découvrir une richesse urbaine, une ville hétéroclite, complexe, multiple, culturelle. Et se dire que le voyage est à sa porte.

Itinéraire sud

Itinéraire nord

L’arrivée de la randonnée

Après 30 kilomètre cumulé sur les 2 itinéraires, les 2 groupes se sont rejoints à la table d’orientation, à quelques minutes près! Final en musique.

Activation

Les tables ont une vie future en construction. Des activations sont prévues entre Juillet et octobre grâce au travail de la Compagnie des Guêpes rouges. Sous forme de spectacles hybrides entre théâtre et danse, la compagnie propose plusieurs formes sur chacune des tables, et sur différents temps pendant l’été.

Des grands banquets sont imaginés en octobre, juste avant leur démontage. les Saprophytes ne sont plus associés à la suite. Nous souhaitons bien évidemment leur appropriation, dans chaque quartier. une appropriation que nous imaginons sans peine au vue des rencontres faites pendant le chantier ambulant et la randonnée du 22 juillet.

Cet objet du quotidien parle à chacun d’entre nous, et l’été est propice aux repas de quartier…

Certaines tables ont déjà un avenir qui se dessine, avec peut être des déménagements en vue…