Site : le môle 1 de Dunkerque

Date : mai-juin 2013

Commanditaire : Fructôse, dans le cadre de Dunkerque, capitale régionale de la culture

Action :  Construction d’une chèvrerie sur le môle 1,  suivie d’une semaine de gestion d’un troupeau de chèvres, avec  ateliers, débats et transhumance festive dans la ville de Dunkerque.

Partenaires : Thomas Baelde, comédien, et Marie-Eve Julien-Denis, apprentie bergère et urbaniste

 

Fructôse, plateforme de création artistique, participe à Dunkerque 2013, capitale régionale de la culture. A cette occasion, ils invitent plusieurs artistes et collectifs d’artistes à s’approprier le môle 1 et les thèmes mis en avant. Ainsi les Saprophytes participent à Transhumus, un monde entre transhumance et humus.
Sur le môle 1, vous trouvez à l’entrée, l’ancien bâtiment des Douanes, recyclé en studios de musique expérimentale. Puis vous longez la halle au sucre pour arriver au 4X4, vaste entrepôt transformé en ateliers d’artistes et salle de concert, mais qui abrite aussi le Tati Roulant.
En vous retournant vous apercevez la pompe à vin, lieu choisi pour la chévrerie.

Des éléments perturbateurs: les chèvres
Pendant une semaine, les Saprophytes utilisent les chèvres comme élément perturbateur pour interroger les espaces du môle 1, les déplacements dans les espaces urbains de Dunkerque et la vie en général vue par les chèvres.

Les chèvres ça mange de tout, ça grimpe partout, ça fait du lait, ça bêle, c’est sympa, c’est doux, ça a des cornes, avec le lait on peut faire du fromage, ça peut tondre les pelouses gratuitement… enfin bref, et pourquoi pas des chèvres sur le môle 1?

d’où viennent-elles?
Mais d’où viennent-elles ces chèvres? Que font-elles? Quelles sont leurs aspirations? Thomas, avec l’aide des habitants dunkerquois, comédiens amateurs, passants, apprentis chevriers en réorientation mentale et professionnelle va répondre à ces multiples questions et tous ensemble nous transhumerons gaiement vers un avenir lumineux.

Dans cette société de la reconversion il est important de savoir se situer, comment j’en suis arrivé là? Et si je me réorientais en chèvre? J’arrête la drogue mais je commence le foin? On fuit tous un petit peu, alors avec nos amies les chèvres questionnons nous sur nos origines et notre devenir!

Les transhumances
La chèvre au-delà d’avoir besoin de se loger, a aussi besoin de manger, or le môle 1 trop occupé avec ses vents, ses pavés, ses entrepôts, ses livraisons, ses stocks, ses voies ferrées, ses sucres, ses ouvriers, ses vins… en a oublié de faire pousser des végétaux! Nous allons donc ramener du foin pour nos chères chèvres mais nous allons aussi les emmener en balade, ce qui donnera à voir un nouveau
Dunkerque, avec des usages différents, des passages inusités, des histoires… une nouvelle forme d’urbanisme, une nouvelle façon de penser la ville. Entre le 10 et le 16 juin, plusieurs transhumances auront lieu autour du carré de l’Ile Jeanty, au pied de l’université du Littoral, dans le centre et vers le LAAC pour aller voir la mer et les moutons.

Première semaine d’immersion : construction de la chèvrerie

Du 6 au 10 mai, nous avons investi la pompe à vin du môle 1, afin de se préparer à l’arrivée des 8 chèvres en juin.

Est prévu un bar à lait, à animer durant la semaine de transhumance (soirée débat, ateliers, etc…), et un enclos confortable pour abriter les biquettes.

Aussi, pour les transhumances, nous avons confectionné un enclos mobile pour promener les chèvres, et les emmener brouter les espaces verts de la ville.

 

Préparation de l’arrivée des chèvres

Du 10 au 15 juin, 8 chèvres sont accueillis sur le môle 1 de Dunkerque.
Les Rendez-vous à ne pas manquer :
-tous les jours, de 18h à 20h, ouverture du bar à lait
-transhumance vers l’île jeanty, lundi, mardi, jeudi et vendredi.
-mercredi :atelier masque, et soirée débat.
-samedi 15 juin, à 16h, Grande Transhumance, suivie d’une soirée festive à Fructôse!

du 10 au 15, les chèvres sont sur le Môle 1 de Dunkerque!

L’histoire des 7 chèvres s’écrit…
Les Saprophytes accueillent les chèvres, et apprennent un peu chaque jour sur ce « groupe ». Car c’est un groupe, elles fonctionnent en interaction les unes avec les autres, elles ont chacune leur rôle à jouer, leur place, leur fonction…
Nous leur avons donné un nom.
Elles partent pâturer chaque jour sur l’île Jeanty, en attendant la grande transhumance de samedi.
Elles attirent les curieux, les septiques, les rêveurs, les enfants, petits et grands…
Elles questionnent, amusent, fédèrent.
Elles s’acclimatent bien à leur nouvel environnement, venteux, marin, urbain.

Ce qui m’a d’abord frappé sur le môle, c’est cet air vivifiant.
J’aime beaucoup la sensation du vent qui file entre mes cornes. Cela caresse mon crâne et crée un
doux son sur son passage. J’ai toujours pensé que l’air iodé d’ici était bon pour mon poil. Il le vivifie.
Nous sommes très sollicitées. Rome, Madrid, Dubaï…Notre travail est de rare efficacité et on ne peut nier qu’en terme d’élégance une chèvre, c’est une autre chose qu’une tondeuse à gazon. Et puis une chèvre on peut caresser son doux pelage alors qu’un tondeuse…
D’habitude, je refuse ce type de déplacement, le jet-lag m’épuise. Pour Dunkerque, je n’ai pas su résister, j’ai toujours nourri une admiration sans borne pour Jean Bart, le célèbre corsaire. Il possède une ténacité et un courage complètement chevresque.
Quand je raconterai aux chevreaux que j’ai vu un pays sans montagne, ils bêleront de stupéfaction.
Entre nous, on se moque facilement des humains, de cette façon qu’ils ont d’être rose et sans poils.
En été, les regarder s’acharner à grimper des cols de montagnes sans cornes ni sabots est une de nos attraction favorite.
Par contre, le môle manque un peu d’herbe, peut-être pensent-ils que le béton se mange?
Ce qu’ils sont rigolos, ces humains.
Amandine dhee

La grande transhumance!

Accompagnée de la fanfare Seveso, puis de la fanfare d’occasion, les chèvres ont transhumé sur le môle, sur le port, à Dunkerque.
Thomas Baelde, comédien, en profite pour lire quelques textes écrits par des écrivains célèbres ou non, pour cette occasion.