Paysages de Mémoire  de la Première Guerre Mondiale dans le Pas-de-Calais

Site : Département du Pas-de-Calais
Date : 2011-2013
Commanditaire : Conseil général du Pas-de-Calais
Action : Étude paysagère et historique des paysages de la Première Guerre Mondiale
Partenaires : Conseil Général du Pas-de Calais, Conseil Général du Nord, Université de Gand, Province de Flandres Occidentale // Programme TRANSMUSSITES INTERREG 4

De 1914 à 1918, le territoire du Nord Pas-de-Calais se transforme en un vaste champ de bataille, la ligne de front s’y établit. La nature préserve dans son essence les traces du conflit plus longtemps encore que les esprits. Nature déchirée, paysage déstructuré, topographie chaotique semblent caractériser un ordre nouveau de ces territoires après la guerre.
Aujourd’hui, le paysage s’offre à nous comme le dernier témoin du conflit , c’est un lieu de mémoire vivant et évolutif, procurant une expérience physique et sensible.
Les époques se superposant, les traces de la guerre se dissipent. Aujourd’hui elles s’inscrivent dans le contexte contemporain, offrant un témoignage présent et diffus du conflit dans la construction de notre territoire.

Enjeux des paysages de mémoire

Le paysage est un lieu de mémoire particulier par son caractère vivant et évolutif. Contrairement aux monuments, qui offrent un support figé au souvenir des événements historiques, le paysage de mémoire permet la rencontre entre des usages contemporains des sites et les traces du passé.
A la manière d’un palimpseste, le paysage de mémoire présente une subtile superposition des époques, les traces de la guerre y sont inscrites dans le contexte contemporain. La lecture de la mémoire de la Grande Guerre est ainsi difficile et subtile, mais garantit l’intégration de la dimension historique dans une problématique contemporaine et offre un témoignage présent, diffus et fin de l’importance du conflit dans la construction de notre territoire.
Un travail d’interprétation mais aussi de préservation nous ont semblé nécessaires pour révéler la dimension mémorielle du paysage et lui permettre de perdurer malgré les évolutions d’usages des sites. Comment concilier l’inévitable évolution des paysages et la dimension mémorielle des sites ?

L’étude des paysages de la ligne de front du Pas-de-Calais, de La Bassée à Bapaume, jusqu’à la zone littorale, nous a donné à voir et à analyser les traces de la Première Guerre Mondiale.
Croisant les informations transmises par les historiens locaux, la géographie, l’investigation cartographique et la recherche des signes présents physiquement sur les sites, nous avons menés un travail d’interprétation proche d’une archéologie du paysage. En nous appuyant sur un travail documentaire à partir de photos de paysages et en réalisant des cartes à différentes échelles, l’étude nous a permis de rendre intelligible les traces présentes, de révéler la dimension mémorielle des sites et de suggérer des préconisations de mise en valeur et de préservation de cet héritage fragile.

Méthodologie de travail

1/ Une approche sensible des sites, abordés par des visites de terrain approfondies. Notre étude est passée par un temps d’investigation et de recherche active sur site des traces de la guerre dans le paysage : traces des tranchées (mouvements de terrain, chemins creux, voies ferrées), traces d’occupation (casemates, postes d’observation), traces de destructions et reconstructions. Nous avons réalisé un travail typologique visant à organiser et classer ces traces en fonction de leur perception et fragilité dans le paysage actuel : traces mises en scène, traces délaissées, traces effacées.

2/ La mise en présence des traces, grâce à la rencontre avec les acteurs locaux et habitants, gardiens de la mémoire du territoire.
Nous avons largement nourri notre travail d’étude des échanges et visites réalisées avec des personnes ressources du territoire : petites associations locales porteuse de l’histoire, collectionneurs, ou habitants passeurs de mémoire. Ces rencontres nous ont souvent permis d’aborder une dimension sensible et dynamique du paysage de mémoire en confrontant ces traces au vécu et aux pratiques contemporaines des sites.

3/ L’interprétation du paysage à partir des cimetières
Les cimetières britanniques sont des sites à partir desquels nous avons souvent pu investiguer et comprendre un grand paysage. De par leur ancrage fort dans le paysage, leur cohérence avec sa géographie et sa topographie, et leur implantation au lieux mêmes des champs de bataille, ils nous ont servis de points d’entrée, de clés d’interprétation pour une lecture du paysage de mémoire.

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Le soucis d’un découpage en entités géographiques et historiques cohérentes

L’étude a porté sur l’ensemble de la ligne de front et a été découpée en quatre grands secteurs, selon une cohérence à la fois historique (batailles) et géographique. Le premier secteur, au nord du département, va de La Bassée aux collines de l’Artois au sud de Lens. Le second, autour d’Arras, est délimité par la Scarpe, tandis que le troisième, de déploie depuis celle-ci jusqu’à Bapaume et la Somme.
Le quatrième secteur d’étude est en dehors de la ligne de front et concerne la zone littorale et les secteurs de cantonnement des troupes, autour de Boulogne-sur-Mer.
Chacun de ces grands secteurs d’études a donné lieu à une étude paysagère générale et à un travail cartographique des types de «traces». Ces premières étapes d’analyses se sont ensuite approfondies et déclinées sous la forme de «carnets de sites» permettant de faire émerger des ensembles paysagers remarquables. Chaque carnet de site a pour objectif de donner sens à un site, en permettant de lire un paysage autour de parcours, de vues, de traces. Il est également complété de préconisations à l’intention des collectivités locales.

Si vous êtes intéressés pour consulter l’ensemble des carnets de site, demandez-nous!