Site : Anzin, quartier Carpeaux (59)

Date : août-novembre 2011

Commanditaire : Ville d’Anzin, service cohésion social

Action : récolte de la mémoire d’un quartier en rénovation urbaine et création d’un musée éphémère.

Partenaire : Compagnie de La Générale d’Imaginaire, Camille Fauchère

 

Les objectifs du projet sont multiples:
– Impliquer les habitants dans les transformations du quartier, les questionner sur leur histoire avec le quartier.
– Travailler sur la mémoire collective, les ressentis et valoriser les histoires de chacun, l’histoire du quartier.
– Créer avec les habitants un lieu d’expression libre à partir d’un recueil de photos, de mémoires, de souvenirs, de récits. Construire un «musée éphémère », lieu du souvenir, mais aussi de l’expression. Expressions et ressentis sur le passé, mais aussi projection dans le futur…
– Lier le travail sur l’écriture avec des créations plastiques, permettant à chacun de trouver les outils qui lui correspondent, et ainsi développer une cohérence globale esthétique et artistique, valorisante pour le quartier.
Nous avons proposé pour répondre à cette commande une collaboration de deux collectifs développant une démarche “humano-artistique”. Le collectif de la Générale d’Imaginaire se charge du travail sur l’écrit et l’oralité, grâce à leur compétence de slameur-poète, et valorise ainsi la parole des habitants. Les Saprophytes proposent en parallèle un travail plastique et scénographique à partir des ateliers, dans l’optique d’une mise en scène et d’une valorisation des lieux, grâce aux paroles, aux souvenirs, aux richesses du quartier.

Nous intervenons en différentes phases intenses sur place.
– Première semaine d’immersion : du 29 août au 02 septembre 2011
– Deuxième semaine de prise de possession et transformation d’un appartement vide en musée éphémère : du 10 au 15 octobre 2011
– Une série d’ateliers d’écriture animée par les deux collectifs
– Vernissage du musée le 9 décembre 2011

Première semaine d’immersion à Carpeaux : aller à la rencontre de ses habitants

Une envie de surprendre, susciter la curiosité des habitants… Nous avons découvert l’attachement très fort que certains habitants ont à leurs murs, aux traces dont ils sont recouverts. Nous avons découvert que la mémoire du quartier était devant nous. Nous avons décidé de travailler sur le micro, de regarder les briques une à une, pour toucher ce site aux blocs imposants.

Puis nous avons proposé une campagne d’affichage dans le quartier pour inviter les habitants à venir nous raconter leurs souvenirs et participer à l’aventure du musée éphémère. Nous avons proposé des ateliers de linogravure… inspiré d’un constat fait sur place, d’une appropriation des murs par les habitants, d’une mémoire préservée ainsi, au fils des années, des générations, des souvenirs gravés, peints, crayonnés…

La semaine a été clôturée par une rencontre où nous avons échangé un verre, une part de gâteau contre un souvenir du quartier.

Ces paroles restent en mémoire sur les murs d’un bloc bientôt démoli.

Ainsi permettre de délier les langues, de se faire rencontrer deux quartiers qui se tournent le dos, le bas-carpeaux et le haut-carpeaux, pour partager une histoire commune.

Pause de la première pierre du Musée, octobre 2011

La pause de la première pierre du musée : ouverture de la cage d’escalier du bloc A, fermé depuis quelques mois déjà…

A travers une session de slam, un jeté de mots, une restitution de paroles, de souvenirs, nous avons occupé une cage d’escalier étrange, oublié, rempli d’évocation.

En attendant l’ouverture de l’appartement et son appropriation, il a s’agit de susciter l’envie, le désir d’ouvrir la porte de l’appartement, 2ème étage à droite, et de prendre possession des lieux, pour le refaire vivre une dernière fois avant démolition.

workshop d’une semaine pour prendre possession des lieux

Une semaine de travaux, pour mettre en place un lieu convivial, attrayant, et mettant en place une série de thématiques à aborder avec les habitants :
– le futur du quartier, à travers les rêves les plus fous
– des souvenirs gastronomiques, dans la cuisine, accolés à des photos de cuisine faites chez les habitants
– des souvenirs mêlés aux rêves, sur une tapisserie inédite au motif « l’architecture de Carpeaux »
– une pièce à graffer, pour laisser son empreinte…
– et des pages blanches, libres, ouvertes…

Le musée ouvre ses porte!

Le sens de la visite, la visite a du sens.
LE MUSÉE EST UN LIEU
ACCEUILLANT, CHALEUREUX
KALÉIDOSCOPIQUE DU QUARTIER
HÉTÉROCLITE DANS SON INTENTION
DISTILLANT SES DOUCES VIBRATIONS
AGREMENTÉ DES ESPOIRS D’UN MIEUX
REGENERÉ PAR UN FUTUR DEJA DESSINÉ
MIS SUR PLAN A,P,D,C,D, AVENIRS ENTERINÉS
ACTIVE PARTICIPATION COLLECTIVE DANS
TOUTES LES PIÈCES DE L’APPARTEMENT
UNIQUE COLLECTION DE JAMAIS VUS
EXTENSIONS UN JOUR PRÉVUES ?
AILLEURS, ICI, LA BAS SI T’Y ES
IMAGINONS ET MAGNIFIEZ LE
ENJOLIVONS CE CARPEAUX
Chambre bleue, nommée la pièce bleue, le grand bleu ou la peur bleue
Travail sur murs et fenêtres.
Peinture bleue, perspective bleue, marqueurs et Poska noirs et bleus, traces vandales coloriées, Tesa.
Artistes incognitos mais faisant partie du star-system.
Calligramme de grand ensemble en sursis, sur le thème du futur.
Travail collectif et transgénérationnel.
   sapro-musee-pano chambre bleue
La cuisine, souvent nommée la cuisine hier des cuisines d’aujourd’hui.
Papier de matière râpeuse, crépon rouge.
Machine à écrire, antiquité véritable du XIVème siècle. Encre noire.
Photographies couleurs imprimées avec délicatesse par un primeur
Papier calque et impressions sur calque
Papier collant orange et pochoir noir
Bombe aérosol noire.
Artistes ignorés mais gastronomes, sans distinction de genre
Travail collectif et multigénérationnel.
sapro-musee-pano cuisine
Chambre des enfants, nom de code : pièce à graff ( agrafe ?)
Travail sur les murs, les vitres et le sol
Peinture projetée à la bombe de peinture aérosol (aère aux sols), Poska.
Papier peint motif briques.
Linogravure et tamponnage.
Papier collant plastifié, colorisé.
Pièce de carton découpée : pochoir
Œuvre collective réalisée par des artistes prometteurs.
Travail avec les ados (Allée Des Ormes) du quartier.
Attention : Graffeurs-tagueurs en voie d’apparition.
Donnez-leur des bombes pour tout faire péter !
sapro-musee-pano salle graph leger
Salon aussi nommé le cabinet photographique ou la pièce rouge.
Travail sur murs.
Papier peint photographique, dessins, phylactères, peinture allo à l’huile et peintures corporelles.
Artistes anonymes mais néanmoins célèbres.
Série de bulles offrant un dialogue aux bâtiments immortalisés par flashs numérisés.
Travail collectif et intergénérationnel.

sapro-musee-pano salon