Site : Les bords de Loire à Indre (44)

Date : mars à juin 2015

Commanditaire : Mairie d’Indre (44), Service Culturel

Action :  ateliers participatifs, chantier ouvert et collectif

 

En 2015, nous avons été invités par la commune d’Indre à mener une réflexion sur les chemins piétonniers, dans l’objectif de penser et réaliser un aménagement avec les habitants.

Nous avons proposé une intervention en deux temps :
1- Un premier temps d’approche, d’arpentage du site et de rencontre des habitants et acteurs locaux.
2- Un chantier ouvert et collectif pour réaliser avec les habitants les interventions rêvées…

Immersion

Lors de ce premier temps de rencontre avec le territoire, nous avons rapidement été captés par les bords de Loire et leur potentiel en terme de paysage et de parcours vers l’eau.
Nous nous sommes arrêtés sur un site de prairies humides entre le village de Haute Indre et la Loire, un site appelé les « hautes herbes » par les habitants.

Ce grand site entre terre et eau est parcouru d’étiers (fossés) et est partiellement inondé chaque jour au rythme des marées.

Une semaine passée sur place, en immersion sur le site, nous a permis de comprendre les spécificités de ce lieu sensible, les pratiques parfois discrètes qui y existaient, et l’attachement des habitants (et enfants) pour ce territoire sauvage des « hautes herbes » :
Un espace de nature luxuriante, un terrain d’aventure offrant des possibles, des cabanes, un parcours pour les initiés et les connaisseurs voulant s’écarter du chemin de promenade balisé et sécurisé longeant la Loire.

« Quand on vient ici, c’est avec les bottes, il faut le mériter !»
« Les hautes herbes doivent rester sauvages.. »
Les habitants tenaient à conserver cette expérience d’un parcours « initiatique », primitif, non balisé.
Le chemin dans les Hautes Herbes, c’est un sentier ténu qui disparaît chaque hiver, un chemin à se frayer, un étier à traverser, des orties, des creux mouillés et des roseaux à repousser…
Un parcours qui débouche sur une vue sur la Loire, comme une récompense pour les plus téméraires, les enfants, les amoureux, ou les pêcheurs…
Pour nous, il s’agissait d’un site magnifique, poétique car en changement permanent, marqué par les allers et venues de l’eau (marées), de la végétation. Un site peu connu et fréquenté mais dont il fallait préserver l’aspect sauvage et secret.

Respecter la sensibilité du site, sa nature et conforter les pratiques existantes, avec discrétion et en finesse.

Nous avons animé cette semaine de présence sur site par des ateliers de discussion et de conception avec les habitants et riverains. Rythmés par des ballades quotidiennes et collectives à différentes heures de la journées, ces temps de partage ont permis de poser peu à peu un diagnostic partagé sur les qualités du site puis de faire émerger une proposition adaptée à ses caractéristiques et aux intentions des habitants, très attachés à ne pas perdre l’âme du site…

Le chantier ouvert

Nous avons pensé des interventions modestes en résonance avec la poésie du lieu. La proposition s’est déclinée en trois objectifs:

1- Aménager un observatoire du paysage sur un massif d’amarrage en béton existant sur la Loire.
Il s’agissait de rendre accessible ce promontoire en béton émergeant dans le vert. Une construction étonnante qui a la forme d’un cube de 3 mètres de côté et qui offre une vue imprenable sur la Loire et l’horizon boisé de la rive d’en face.

2- Disséminer des « tapis flottants » dans les Hautes Herbes.
Il s’agissait de créer un mobilier spécifique qui se fond dans le paysage d’herbes et de roseaux. Les tapis flottants sont des structures en bois montées sur flotteurs et qui peuvent se déplacer dans le paysage lorsque l’eau monte et que le site est inondé. Ils offrent des petits lieux de cachette, de sieste, de convivialité cachés dans le paysage.

3- Installer un pont de corde pour traverser l’étier.
Le pont de corde évoque pour chacun l’aventure, il introduit une certaine instabilité et un balancement. Il s’inscrit dans le paysage en s’accrochant aux arbres existants. Il a été réalisé avec des amarres récupérées au port autonome de Nantes. Le sentier menant à la Loire a été volontairement laissé libre et non balisé. Le pont de corde est le seul élément « construit » jalonnant le parcours.

Quelques interventions improvisées comme des hamacs ont également été réalisées avec les habitants, pour répondre à des « occasions » et situations observées sur le site.

L’installation