Un clown, c’est un miroir de la société, c’est un masque auquel on a enlevé tous les autres masques. C’est un esprit libre et onirique. Ses actions, ses pratiques sont libérées de toutes contraintes de style et de règles pré-établies. Il s’invente ses propres règles suivant les contraintes de l’espace et du temps. Il construit un monde tel qu’il le rêve ici et maintenant.
Sa logique dont la raison échappe à l’esprit rationnel, questionne la société dans ses fondements. Le calown adonc un pouvoir critique. Par ses actions dans l’espace public (celui qui nous concerne), il pose la question du pourquoi. Pourquoi n’a- t-on pas le droit de se coucher sur un banc ? Pourquoi la rue est envahie par les choses qui polluent? Pourquoi les passants ne font que passer ? Pourquoi personne ne parle à personne? Pourquoi les seules images autorisées sont la publicité? Pourquoi seuls les enfants ou ceux que le sont restés utilisent la ville différemment? Pourquoi tout est gris, marron, terne au mieux pastel? Pourquoi le commerce est la seule raison pour faire arrêter les passants qui passent? Beaucoup de questions que se pose le clown et qu’il pose à ceux qui l'entourent.
Alors, lorsqu’il commence à construire son espace, qu’il se transforme en architecte, le clown se rebelle et met en exergue toutes ces questions. Il construit sa maison sur une place de parking, interfère avec les voitures, peints des poteaux en roses, met sa cuisine dehors et la rend publique, n’invite que les enfants (petit set grands), se construit un banc public quand il en a besoin pour regarder les passants qui passent, faire une petite sieste, discuter avec les voisins, s’asseoir. Il interagit avec l’espace public et le transforme pour le rendre plus clownesque, plus humain.
crédit photo: public design festival, Esterni